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Natacha Samuel

Désastrée (poétique du nom juif)

[Essai] [Autothéorie]



À PARAÎTRE

978-2-493333-27-8
18 EUR

130 x 198 mm
280 pages


Désastrée est un livre comme il en existe peu, d’un genre inclassable — ni essai ni récit ni journal ni poème. À la rigueur, une autothéorie ? Car ce livre est le compte rendu d’un désastre collectif, historique, perçu ou absorbé depuis la part la plus intime, la plus personnelle, « en corps ».

Écrit à la première personne, Désastrée cherche à comprendre ou à penser ce qui n’aurait pas dû se produire, ce qui après Auschwitz et depuis le 7 octobre 2023 (mais en fait bien avant) ne peut plus être pensé ou compris.

Quelque chose est barré, brisé dont le livre enregistre les éclats, les dégâts. Car derrière la guerre faite à Gaza, c’est le nom juif qui se trouve mis en cause, retourné. Et à travers lui toute la langue : « Qu’on accepte ou qu’on refuse l’accusation, Israël — le nom juif, donc — en est là. Là c’est-à-dire pris dans l’énoncé de ce point d’inversion terme à terme, inédit dans l’histoire, de génocidé à génocidaire. Dorénavant lorsqu’on parlera du génocide des juifs, il se pourrait qu’on ne sache plus dans quel sens entendre le génitif ».

Désastrée entreprend alors de ramasser différents matériaux (notes, souvenirs, citations, témoig­nages) pour penser à travers le désastre, pour dériver dans les temps, les expériences et les généalogies, pour retrouver la « tradition cachée » en réserve derrière le nom juif. Cette tradition cachée qui pourrait être par exemple l’aventure ou le rêve anéanti du Bund (Union générale des travailleurs juifs). Et tous les autres compagnonnages, de Marx et Spinoza à Lévinas en passant par Arendt et Fanon.

Ce premier livre de la cinéaste Natacha Samuel pourrait bien être l’un des plus importants pour l’époque, qui contribue autant à inspirer des formes de vie politique dans la langue (ce que fait une poétique), qu’à la réinvention subtile, sensible et formelle du genre de l’essai.





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