Les Révolutionnaires du Yiddishland - 1. Du Shtetl à la révolution (Rachel Ertel & Nat Lilenstein, 1984)
1 corps de rêve
Il tombe sur la ville des morceaux de langage, de ciel, de sexe et de rêve. Ce sont ce que Mario Santiago Papasquiaro appelait ses « ballades-météorites », fragments éclairs déchus qui donnent sa forme et sa vivacité à Rêve sans fin, poème errant dont le sens général s’échappe sans fin, fabriqué de mille strophes et de lignes veuves, ramassées sur tous les supports possibles qu’investissait la graphomanie particulière de leur auteur. Ces morceaux n’auront été assemblés en livre qu’après la mort de Mario Santiago, dans un ordre et sous un titre qu’il aura toutefois la possibilité de suggérer. Ultime suggestion qui modifie la portée globale du livre en faisant transitionner le texte d’un état marginal et corpusculaire (logique du fragment) vers une totalisation onirique (le titre Rêve sans fin semble diriger la lecture) qui permet le réassemblage de l’ensemble sous une pseudo-linéarité qui se découvre rétrospectivement (c’était donc un rêve). L’énorme nouveauté du texte de Mario Santiago est là. Il cherche à se faire passer pour du rêve en direct, pour du travail de rêve, par différence avec tant d’autres textes, récits, qui s’écrivent eux sous l’influence du rêve, comme des transcriptions plus ou moins librement adaptées du rêve. Rêve sans fin comme inscription du rêve à la surface du langage introduit ici sa différence avec toute une tradition romantique et fantastique pour laquelle le rêve est une inspiration, une incitation au passage à l’acte littéraire, ce dernier conservant sa dignité formelle et phrastique, sa lucidité, son pouvoir d’élucidation transformateur. Chez Mario Santiago le rêve est là, impur, insensé, comme matériel impulsé, désorganisé, passé dans des phrases jaillies ou nerveusement conduites, comme automatiquement inscrites dans la langue écrite. Automatiquement ? Oui, à condition de savoir de quel automatisme on parle. Biologique ? Pulsionnel ? Sans doute. Mais pulsionnel sublimé dans la langue qui réinvestit la pulsion ? Évidemment. Et si l’inconscient est structuré comme un langage, voici ce langage. Qui nous demande de lui-même : Où en sommes-nous avec ce qu’il est possible de penser à propos du langage, de lui faire penser et de propulser par devant lui comme pensée au moyen d’un corps, lequel se répète indéfiniment dans la pensée ? [...]
livre centre-américain des morts
Against Erasure: Balam Rodrigo’s Central American Book of the Dead (Jeaninne Marie Pitas)
Rapiña: una escritura geológica de Balam Rodrigo
(Cristina Rivera Garza)
Mode avion : quand la poésie perd son signal, avec Martin Rueff (Le Book Club / Marie Richeux)
Tombeaux de Deguy (Diacritik / Jean-Pierre Ferrini)
La poésie est véritablement le réel absolu (En attendant Nadeau / Armelle Cloarec)
Comme en plein ciel un tombeau (Europe / Olivier Barbarant)
La Croix / J. M. G. Le Clézio
Le Nouvel Observateur / Doan Bui
Charlie Hebdo / Yannick Haenel
Le Matricule des Anges / Chloé Brendlé
L’Orient-LeJour / Joy Majdalani
Le Monde diplomatique / Clément Bondu
Enass / Kenza Sfrioui
La viduité / Marc Verlynde
La
viduité / Marc Verlynde
Juana Dolores : L’éclat d’une plus-value sentimentale (Zone Critique / Federico Calle Jordá)
La viduité / Marc Verlynde
Sitaudis / François Huglo
Fleurs de résurrection (Le Temps / Isabelle Rüf)
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Muriel Pic & Anne Weber / Maison de la Poésie
Des mots pour palper l’absence (En attendant Nadeau / Jean-Luc Tiesset)
Vieille écorcherie, tourbillon constellé d’étoiles (Sens critique / ioulia-la-perdrix)
Du côté des traductions (Germanica / Carola Hähnel-Mesnard)
Librairie Myriagone
"Grenade dans la bouche" de Miyó Vestrini (Les Midis de Culture / Anne Dujin & Romain de Becdelièvre)
Peter Kurzeck, Francfort en thème (Libération / Frédérique Fanchette)
Le temps retrouvé de Peter Kurzeck (En attendant Nadeau / Jean-Luc Tiesset)
Comme dans un grand livre d’heures. Sur En invité de Peter Kurzeck (AOC / Cécile Dutheil de la Rochère)
Librairie Myriagone
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Peter Kurzeck | Als Gast, En invité
(remue.net / Cécile Wajsbrot)
L’ire des vents (Le Matricule des Anges / Emmanuel Laugier)
Jetée (Sitaudis / René Noël)
Gloire soit rendue aux maisons d'édition dites petites mais grandes par leur hardiesse et la confiance qu'elles font aux lecteurs.
C'est le cas des éditions L'extrême contemporain, qui publient le premier recueil de poèmes de Barbara Köhler, Roulette allemande, dans l'excellente traduction de Laurent Cassagnau, après avoir publié Blue Box, son deuxième recueil, en 2022. Née à Karl-Marx-Stadt (devenue Chemnitz après la réunification), Barbara Köhler (1959-2021) a écrit ces textes dans les cinq années précédant la chute du Mur. On y ressent l'ambivalence de son attachement à un pays divisé - « Je persévère dans le pays et je lui suis infidèle » - tout comme l'entière douleur du passé - « le sol sanglant de l'Histoire allemande ». Mais il est aussi question, dans ces poèmes en vers et en prose, de rencontres aux angles miroitants portées par une syntaxe qui ne connaît pas de frontière.
Le Monde / Pierre Deshusses
Amandine André loin du texte, quand le poème « tournoie comme un enfant. » (L’Humanité / Alain Nicolas)
Amandine André : encombrer le réel (Zone Critique / Rodolphe Pérez)
Dissonnaces / Nicolas Le Golvan
La viduité / Marc Verlynde
L’esprit d’un enfant qui tournoie (Charlie Hebdo / Yannick Haenel)
Le poème, zone de turbulance (Lundi matin / Benjamin Fouché)
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